Le bonheur de Bérénice Béjo et les vacheries de Florence Foresti

  • Dans « Le Bonheur des uns », Bérénice Bejo incarne une romancière dont le succès soudain rend sa meilleure amie, Florence Foresti, folle de jalousie.
  • Vincent Cassel et François Damiens jouent leurs époux dans cette comédie réussie.
  • Les deux actrices, complices à la ville, évoquent les aléas de la célébrité pour « 20 Minutes ».

Comment réagiriez-vous si votre meilleure amie effacée devenait soudain une star de la littérature ? Cette question est le thème central du Bonheur des uns de Daniel Cohen inspiré de sa pièce L’île flottante.
Florence Foresti,
Vincent Cassel et
François Damiens campent les proches d’une romancière surprise par un succès foudroyant, incarnée par 
Bérénice Bejo.

Les deux comédiennes ont tissé une solide complicité depuis le tournage d’un film qui voit la mesquinerie du personnage de Florence Foresti s’émousser sur la douceur de celui de Bérénice Bejo. Toutes deux sont parfaitement complémentaires dans cette fine étude d’une nature humaine pas toujours très reluisante mais souvent très amusante. C’est masquées qu’elles ont répondu aux questions de 20 Minutes.

Ce film correspond-il à votre réalité de célébrités ?

Bérénice Bejo : Bien sûr et c’est cela qui m’a plu ! Quand vous êtes connue, les gens n’ont plus le même regard sur vous-même, si vous n’avez pas changé. C’est à vous de vous décarcasser pour qu’on vous considère comme une personne normale.

Florence Foresti : J’ai vécu tout ce qu’affronte le personnage de Bérénice, les petites vacheries, la méchanceté, la jalousie. C’était une forme de conjuration de jouer le rôle de la peste qui ne peut accepter la réussite de son amie.

On ne prend jamais la grosse tête quand on a du succès ?

FF. Le succès ne réussit pas à tout le monde, c’est vrai ! La scène a une bonne façon de vous remettre les idées dans le bon sens si vous commencez à vous la jouer et à ne pas bosser. Un bon petit bide bien douloureux face à un public qui ne rit pas a tôt fait de vous réveiller ! Le public me rappelle que rien n’est jamais gagné.

BB : Personne ne veut avoir la grosse tête ! Mais il arrive qu’on se rende compte qu’on a parfois mal géré une situation ou qu’on n’a pas assez bossé. Les métiers artistiques ne font pas de cadeaux et la réalité peut avoir une façon très brutale de vous dégriser. Il faut être vigilant car beaucoup de gens rêvent de prendre votre place.

Est-ce difficile de vivre en couple quand on est célèbre ?

FF : Les hommes ne sont pas toujours prêts à accepter qu’une femme gagne plus d’argent ou soit plus célèbre qu’eux. Je me souviens de mecs qui me disaient qu’ils ne sortiraient jamais avec moi pour cette raison et parce que j’ai une trop grande gueule. Heureusement qu’il existe des hommes suffisamment bien dans leur virilité pour accepter une femme comme moi.

BB : Le couple que je forme avec Vincent Cassel dans le film est une métaphore de la société. Celle qui montre que certains hommes sont encore accrochés à un modèle traditionnel et qu’ils ne se sentent pas armés pour gérer une femme forte. Tous ne sont pas comme ça ! Il y en existe de très bien. C’est important de le signaler à notre époque où les hommes en prennent plein la gueule.

Vous est-il arrivé aussi de vous en prendre plein la gueule dans les médias ?

BB : Je ne suis pas sur les réseaux sociaux et j’évite de lire les critiques. Mais, comme mon personnage dans le film, il y a toujours quelqu’un pour venir me raconter les vacheries qu’on dit sur moi ! J’essaie de ne pas y prêter attention.

FF : La vérité est que je m’en fous. Je ne cherche pas l’admiration de ceux qui m’en ont mis plein la gueule, Yann Moix ou 
Frédéric Beigbeder. Je suis fière de ce que j’ai fait aux César car je ne pensais vraiment pas que Roman Polanski serait nommé et encore moins qu’il allait gagner ! Ce que je trouve dommage, c’est qu’on supprimera sans doute bientôt les maîtres et maîtresses de cérémonie pour éviter toute polémique. L’humour est devenu une matière à manier avec trop de délicatesse.

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