Le coronavirus va-t-il tuer la tendresse dans « L’amour est dans le pré » ?

  • La saison 15 de L’amour est dans le pré est lancée ce lundi, à 21h05, sur M6.
  • La crise sanitaire a perturbé les plans de tournage, tandis que le gel hydroalcoolique et la distanciation physique se sont invités dans le décor.
  • Le fait de se toucher (ou de ne pas se toucher) est devenu une quasi-obsession pour certains agriculteurs et prétendantes et prétendants.

 

Il y a les mains baladeuses s’engageant sur un avant-bras avec le petit frisson du danger. Il y a les doigts rêvant d’entrecroiser d’autres phalanges mais ne s’y aventurant pas de peur d’être mis à l’index. Et il y a ceux qui ne touchent pas le premier soir.

La quinzième saison de L’Amour est dans le pré, lancée ce lundi sur
M6, ne sera vraiment pas comme les autres. La faute à
la pandémie de Covid-19 et aux consignes sanitaires qui se sont invitées dans les rencontres champêtres.

Les années précédentes, les célibataires des champs déposaient sans compter leurs poutous sur la joue de leurs prétendantes et prétendants. Il convenait alors de deviser sur les spécificités régionales quant au nombre de bises – « Chez nous, on en fait quatre ! – Ah ben chez moi, c’est deux… ». Mais le coronavirus est passé par là et dans le monde d’après, on se salue en s’entrechoquant les coudes, on se dit bonjour de loin et le toucher devient une obsession.

« Mais après, tu mets du gel »

« Je ne peux pas te prendre dans mes bras, ce n’est pas l’envie qui me manque. J’espère le faire un jour », entend-on une prétendante dire à un agriculteur dans le premier épisode. Parce qu’elle se l’interdit, la petite accolade anodine se transforme en élan de sensualité réprimé. Ce sont peut-être eux les Roméo et Juliette – ou Roméo et Julien – de 2020, amoureux contrariés par la crise sanitaire.

N’exagérons pas le souffle romantique : les jeux de mains, consentis, sont permis. Dès les speed-datings, Karine Le Marchand est là, pragmatique, pour rappeler qu’il n’est pas interdit de se toucher. « Mais après, tu mets du gel », explique-t-elle à un agriculteur en joignant le geste hydroalcoolique à la parole. Message reçu : quelques instants plus tard, voilà monsieur en train de flatter le bras de la prétendante qui lui fait face. « Ça fait plaisir de toucher ! », se réjouit-elle tout en le caressant doucement à son tour. Pas de quoi déconseiller le programme aux moins de 18 ans, mais face caméra, la prétendante encore sur son nuage racontera le bien que ça lui a fait et dira son soulagement. Elle avait tellement peur que le tournage de L’amour est dans le pré soit annulé à cause de la pandémie.

« Cela n’a jamais été à l’ordre du jour », nous a-t-on assuré lors de la présentation de la nouvelle saison à la presse. « Ça a mis un stress supplémentaire, mais on a fait avec », reprend la directrice des programmes chez FremantleMedia Déborah Huet. Karine Le Marchand estime même que « le confinement est plutôt bien tombé pour l’émission : on a eu le temps de diffuser les portraits juste avant. Et généralement, on attend environ six semaines entre la diffusion des portraits et la remise du courrier. »

« Pendant le confinement, ils sont restés sages »

Il n’empêche, si le timing aurait pu plus mal tomber, le plan de tournage a pris du retard et tout a été décalé. « C’était contraignant pour certains agriculteurs parce qu’on s’est retrouvés à cheval sur les moissons. Il y a eu quelques problèmes de disponibilités, mais ils se sont adaptés, comme nous », souligne l’animatrice. Sa crainte ? Que les cœurs esseulés aient profité du confinement pour entrer directement en contact avec les célibataires au casting cette année. Il y en a qui ont essayé.

« C’est très facile de tomber amoureux quand on est confinés et que tout est magnifique par SMS, par photos, sans se rencontrer vraiment. J’avais peur de ça, mais il ne s’est rien passé, souffle Karine Le Marchand. Les agriculteurs sont restés sages et fidèles à leur engagement. Ils ont réussi à mettre de côté les gens qui les contactaient en direct. »

Leur patience a été récompensée lorsque, le déconfinement venu, ils ont pu découvrir les lettres énamourées leur étant adressées. Agricultrices et agriculteurs n’ont pas été réunis en un même endroit pour ouvrir leurs courriers. Chacun est resté chez soi, accompagné d’une seule caméra, pour décacheter les enveloppes. La production affirme cependant que ce nouveau dispositif a été envisagé il y a plusieurs mois et n’a rien à voir avec les règles sanitaires.

« Bien sûr qu’ils s’embrassent »

Dès les speed-datings, les gestes barrières et autres distances réglementaires ont été scrupuleusement respectés. Les tête à tête ont ainsi eu lieu en plein air, sur une terrasse avec vue sur la Seine collée à un restaurant de Neuilly. « On a mis tout en œuvre pour assurer des conditions sanitaires maximales », insiste Déborah Huet. « Cela a coûté beaucoup plus cher à la production », glisse Karine Le Marchand. « Nous avons passé́ un test PCR avant chaque tournage et un test sérologique aussi avant le speed-dating. A chaque étape, on nous a donné un stock de masques et de gel hydroalcoolique », énumère l’un des agriculteurs de cette saison à 20 Minutes. Les équipes de tournage aussi ont été testées.

Selon nos informations, les célibataires et leurs prétendantes et prétendants, ont pu se dispenser de porter un masque durant les traditionnels « séjours à la ferme ». Mais pas question de transiger avec les consignes : lors des activités hors de la maison, comme lors des courses au supermarché, les masques étaient évidemment de rigueur et apparaîtront à l’écran. Et les baisers enflammés (ou maladroits), est-ce qu’on les verra ? « Bien sûr qu’ils s’embrassent », répond la directrice des programmes. « Ils couchent, même. Mais on n’a toujours pas filmé », rebondit Karine Le Marchand en éclatant de rire. Tout n’a donc pas complètement changé au temps du coronavirus.

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