Le « Délicieux » repas d'Isabelle Carré et Grégory Gadebois

  • Eric Besnard brode autour d’un pionnier de la restauration pour « Délicieux ».
  • Cette fresque présentée au Festival du Film Francophone d’Angoulême est un régal.
  • Grégory Gadebois et Isabelle Carré y sont merveilleux face à Benjamin Lavernhe et Guillaume de Tonquédec.

Le cinéma et le restaurant vous ont manqué pendant la pandémie ? Délicieux d’
Eric Besnard permet de cumuler ces deux plaisirs en racontant comment, avant la Révolution Française, un cuisinier bourru et son apprentie déterminée ont ouvert l’un des premiers restos français.

Le cuistot est incarné par Grégory Gabebois, d’abord découvert sur la scène de la Comédie-Française et vu récemment en François Hollande dans Présidents d’Anne Fontaine. Sa partenaire est
Isabelle Carré, pétillante, dans un beau rôle de femme résolue qui ne se laisse par marcher sur le tablier. Rien que pour leur duo, Délicieux se révèle délectable. Mais cette fresque possède aussi d’autres atouts.

Aux pauvres et aux cochons

« J’ai fait des recherches sur l’origine du restaurant et tout était là : la gastronomie, avec cette spécificité hexagonale qui consiste à prendre le temps de s’asseoir pour manger et partager un moment de convivialité, mais aussi le siècle des Lumières et la Révolution » déclare Eric Besnard dans le dossier de presse. Le film fait saliver le spectateur en insistant sur la préparation de mets qui semblent succulents. Mais pas forcément appétissants pour tout le monde : les pommes de terre, par exemple, étaient alors une denrée réservée aux pauvres… et aux cochons.

Délicieux revient sur une période trouble alors que le peuple gronde avant de se soulever et que les nobles commencent à trembler pour leurs perruques poudrées. Un délicat fumet d’insurrection flotte sur les feuilletés et autres mets délicats. Et même si le réalisateur a pris des libertés avec l’Histoire, on en prend vraiment plein la vue avec des images dignes de tableaux dans des décors superbes. De quoi faire prendre une bonne assiettée de bonheur pour se consoler de la rentrée.

Une insolence revigorante

Entre film historique et conte gastronomique, Délicieux se rit de l’aristocratie avec une insolence revigorante en offrant un personnage de noble particulièrement odieux au toujours parfait
Benjamin Lavernhe et un rôle d’intendant détestable à Guillaume de Tonquédec, également délectable avec son air suffisant. C’est un beau florilège de numéros d’acteurs que propose Eric Besnard. On ressent comme une grande chaleur du côté du cœur et un petit creux du côté de l’estomac après la projection.

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