Le « Pleasure » du X peut-il être une partie de plaisir?

  • Une jeune Suédoise rêve de devenir star du X aux Etats-Unis.
  • « Pleasure » de Ninja Thyberg, fait partager sa descente aux enfers.
  • Ce premier film passionnant, mais très dur, a été découvert à la Semaine de la Critique à Cannes avant d’être récompensé à Deauville.

Ce n’est pas un film pour qui attend d’être émoustillé ! Pleasure de
Ninja Thyberg, découvert à la
Semaine de la Critique cannoise à Cannes puis récompensé à
Deauville, évoque certes l’univers du porno, mais la vie d’une jeune femme que le film décrit n’a absolument rien de sexy.

« Le film évoque l’industrie du X sur laquelle j’ai fait des recherches, explique la cinéaste à 20 Minutes. Mais la pornographie est aussi une métaphore pour parler de l’oppression subie par les femmes dans une société patriarcale. »

La notion de consentement

Incarnée par la découverte Sofia Kappel qui tient ici son premier rôle à l’écran, l’actrice Bella Cherry que l’on suit ici va découvrir un univers pas rose du tout, où la notion de consentement est pour le moins floue. « On vous demande votre avis, mais comment résister quand vous avez à subir la pression de toute une équipe qui attend votre assentiment pour pouvoir gagne sa vie ? », questionne Ninja Thyberg. Son héroïne connaît ce dilemme lors d’un tournage violent où elle reçoit des coups de ses partenaires masculins au cours de l’une des scènes les plus dures du film. « J’avais une confiance absolue en Ninja Thybeg qui veillait à mon bien-être, précise Sofia Kappel à 20 Minutes. Cette séquence est importante pour montrer ce que les comédiennes du X peuvent avoir à subir. »

La performance de la comédienne est pour beaucoup dans l’empathie que ressent le spectateur à l’égard de son personnage habité par une ambition dévorante qui la pousse à aller toujours plus loin « Toutes les actrices de porno ne vivent pas des expériences aussi terribles que Bella, précise Ninja Thyberg mais toutes connaissent des moments traumatisants. » Pour autant, la cinéaste estime que les choses évoluent de façon positive dans le milieu du X. « Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, dit-elle. Il serait temps qu’on pense aussi à faire du porno avec un regard féminin, des films qui pourraient plaire aux femmes. »

Important mais violent

Sofia Kappel avoue qu’elle n’aurait pas accepté le rôle de Bella Cherry si Pleasure n’avait pas été réalisé par une femme. « Je crois à la bienveillance du regard féminin », dit-elle. Le film ne montre pas de scènes de sexe explicites, c’est sa violence qui lui a valu une interdiction aux moins de 16 ans. La brutalité de certaines séquences le destine en effet à un public averti.

Source: Lire L’Article Complet