#Metoo : le succès des films de Céline Sciamma réveille l'engagement en Corée du Sud

Après le triomphe de “Portrait de la jeune fille en feu”, c’est au tour de “Tomboy” de Céline Sciamma de faire un carton en Corée du Sud. Un succès qui témoigne d’un intérêt accru pour les films aux sujets féministes ou réalisés par des femmes.

Suite au triomphe de Portrait de la jeune fille en feu en début d’année, le deuxième film de Céline Sciamma, Tomboy, est enfin programmé dans les salles de Corée du Sud, neuf ans après sa sortie en France. Il raconte un été dans la vie de Laure, une petite fille de dix ans et garçon manqué qui, arrivée dans un nouveau quartier, fait croire à ses nouveaux amis qu’elle est un garçon. Elle devient Michael, un garçon comme les autres et profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret. 

Sorti le 14 mai, Tomboy comptabilise déjà plus de 30 000 entrées en Corée du Sud et des dizaines de milliers de publications sur Instagram. Après les 150 000 entrées de Portrait de la jeune fille en feu, il témoigne de l’intérêt grandissant des Coréennes et des Coréens pour les films réalisés par des femmes ou traitant de sujets féministes. Si l’on en croit l‘organisateur du festival Seoul Pride et activiste Dave Kim, interrogé par le Guardian, l’intérêt pour les droits des femmes en Corée du Sud s’est considérablement développé ces dernières années : “Après #MeToo en 2018, il y a eu un soutien croissant au féminisme en Corée, observe-t-il. Cela a également fortement affecté le marché des films d’art et essai. Le public est principalement composé de jeunes femmes et elles sont de plus en plus enclines à regarder des films avec une idée féministe ou réalisés par des femmes.”

Portrait de la Jeune fille en feu : le film de Céline Sciamma enflamme la critique US

“Un grand nombre des succès indie au cours des deux dernières années en Corée concernaient des femmes marginalisées, des films sur des jeunes femmes ou des filles… et des thèmes identitaires”, confirme le producteur et journaliste Pierce Conran, basé à Séoul. Dans un pays très en retard en ce qui concerne les droits des femmes, #MeToo a eu un effet particulièrement retentissant. 

Ainsi que le souligne l’article du Guardian, le carton de Tomboy s’explique aussi par l’utilisation d’une forme maline de marketing, notamment sur les réseaux sociaux, qui s’adresse aux jeunes, qui composent l’essentiel du public en Corée : la majorité des specteurs sont en fait des spectatrices, surtout des femmes âgées de 20 à 35 ans. Le distributeur de Tomboy en Corée a édité des pin’s, des autocollants et des cartes postales représentant des scènes clés du film en édition limitée. Les gens cherchent à collectionner ces objets et cela crée une émulation autour du film, que tout le monde veut voir. Ainsi, il bénéficie d’une promotion toute naturelle sur les réseaux sociaux. 

La bande-annonce de Tomboy :

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