« Ras-le-bol »… Les fans de blockbusters réagissent aux reports

  • Mourir peut attendre, Dune… De nombreux reports de films ont été annoncés ces derniers jours.
  • 20 Minutes a sondé ses lecteurs pour comprendre comment ils vivaient ces annonces.

Depuis quelques jours, une avalanche de reports de blockbusters s’abat sur l’industrie du cinéma. Après
James Bond Mourir peut attendre (un film qui n’a jamais aussi bien porté son nom), reporté une énième fois, au printemps prochain (si tout va bien), c’est au tour de Dune, prévu initialement pour Noël, de voir sa sortie repoussée à l’automne 2021. Et c’était sans compter sur l’effet boule de neige qui bouscule déjà les calendriers de l’an prochain : Jurassic World Dominion ne sortira pas à l’été 2021, mais à l’été 2022 ; idem pour The Batman, décalé de l’automne 2021 à l’hiver 2022. Pour ne citer qu’eux.

Vive le vent, vive le vent, vive le vent de déprime qui souffle sur les films à gros budget… Et sur les spectateurs ? Cette série noire commence fortement à échauder les fans des grosses productions hollywoodiennes, qui se raccrochaient encore à ces sorties pour noyer leur spleen. 20 Minutes a pris la température du côté de ses lecteurs via
un appel à contributions, et le verdict est net : les amateurs de blockbusters ont en déjà ras la hotte.

Ras-le-bol et fatalisme

« Je trouve cela lamentable. Ne restent plus à l’affiche que des comédies françaises niaises ou des films d’animation. Du coup je ne vais plus au cinéma, » assume franchement Marie-Françoise, 65 ans. Dans un registre tout aussi pessimiste, Amina, 27 ans, avoue avoir du mal à encaisser le coup. « Difficile, je vais au cinéma toutes les semaines, et le manque de blockbusters donne moins envie d’y aller. Déjà que les nouvelles sont mauvaises, il n’y a plus rien où nous accrocher », estime-t-elle avec fatalisme.

Du côté de Claire-Agnès, le sentiment est un poil plus modéré. Si la quinquagénaire a eu du mal à digérer l’absence de Mulan cet été (relégué directement sur Disney+), elle affirme désormais ressentir un véritable « ras-le-bol d’avoir patienté ». « J’étais heureuse d’avoir enfin des films à me mettre sous la dent, mais j’en marre de voir que tous ceux que je voulais voir sont reportés aux calendes grecques dont le James Bond et Dune », lâche-t-elle, ajoutant ne plus avoir recours aux abonnements ciné.

Même décision pour Micky, 46 ans, qui a mis un terme à sa carte UGC. « Je comprends l’intérêt des majors mais je pense aussi aux exploitants qui voient la fréquentation baisser à cause de ce manque de blockbusters, écrit-il. J’ai peur aussi que cela joue des tours aux majors. Car les gens vont se détourner du cinéma. Et y retourneront-ils une fois la pandémie passée ? » Pour le moment, il faut avouer que c’est la cata pour les exploitants. Depuis le début d’année, 56.15 millions d’entrées ont été enregistrées en France, contre 150.6 l’an dernier, rapporte le CNC. Soit une baisse de 62.7 %…

La goutte d’eau

Florent, un trentenaire qui fonde encore beaucoup d’espoir dans la sortie de Kaamelott fin novembre, commence justement à douter : « Je suis abonné chez Gaumont depuis plus d’un an, et jusqu’ici j’avais décidé de garder mon abonnement, comme une sorte de soutien, car même si je vais moins au cinéma (je n’y vais que quand je vois qu’il n’y a pas grand monde dans la salle), je souhaitais continuer à soutenir la filière. J’avoue que ce nouveau report de James Bond me fait réfléchir, car ça me donne l’impression d’être le début d’une deuxième vague de reports ». Plus qu’une crainte, pour Chrissou, 50 ans, le report du prochain James Bond est un coup de massue. « Je vis très mal le report de 007, je n’en ai raté aucun depuis Moonraker en 1979 où j’avais 10 ans », raconte-t-il. Il faut dire que c’était la dernière chance accordée par Chrissou à la franchise, qui estime que depuis Skyfall, c’est devenu « n’importe quoi ». « Il n’est plus d’actu désormais, il faut qu’il sorte en VOD directement. 007 c’est fini pour moi », assène-t-il. De son côté, Bernard n’y croit déjà plus. « Je pense qu’à force de retarder la sortie de tels films ils finiront par sortir directement en DVD ou à la demande », analyse-t-il.

Dans la vie, il y a ceux qui voient le verre à moitié vide, et ceux qui voient le verre à moitié plein, comme Jennifer, 37 ans. La sortie de James Bond est reportée ? « Tant mieux, répond-elle, de toute façon devant Kaamelott, il n’avait aucune chance. » Heureusement qu’il nous reste quelques irréductibles cinéphiles optimistes.

« Le cinéma ce n’est pas que les blockbusters »

Car si Marie-Françoise, Claire-Agnès ou encore Chrissou voient plutôt d’un mauvais œil ces reports, Yoann quant à lui accepte avec sagesse ces décisions. « Aller au cinéma par les temps qui courent étant loin d’être recommandé, c’est plutôt une bonne nouvelle en soi », juge le jeune homme de 34 ans. Un point de vue partagé par Philippe, 55 ans, pour une autre raison : « Je préfère que ces films sortent lorsque nous aurons le droit d’aller au cinéma une fois que le port du masque ne sera plus obligatoire. Je ne m’y rends plus car il est hors de question pour moi de mettre un masque pendant toute la durée du film ».

Enfin, à l’aube de la trentaine, Frédéric quant à lui rappelle que le 7e art ne se résume pas qu’à James Bond et Dune. « Comme je vis à Paris et que je suis détenteur d’une carte UGC illimité, j’ai la chance de pouvoir avoir accès aux cinémas diffusant des films de patrimoines comme le Champo, la filmothèque du quartier latin ou encore le Brady. Donc je continuerai d’aller au cinéma pour voir ces films tout en allant voir les films récents qui m’intéressent. Le cinéma ce n’est pas que les blockbusters », estime-t-il. Et côté français les films français ne manqueront pas, citons entre autres Aline de Valérie Lemercier ainsi que le très attendu (de nos lecteurs en tout cas), Kaamelott d’Alexandre Astier. Pour les autres, deux espoirs sont encore permis du côté des grosses prod américaines : Soul de Pixar (25 novembre) et Wonder Woman 1984 (25 décembre).

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