Sur M6, le business de la mort « RequiemCode » lève un million d’euros

  • Lilian Delaveau a présenté son projet de souvenir en réalité augmentée pour les défunts lors de l’émission Qui veut être mon associé ? diffusée sur M6 mercredi soir.
  • Son application a provoqué un vif débat et un malaise entre les jurés de l’émission. Seul Anthony Bourbon a accepté de financer le projet du Rennais à hauteur de 40.000 euros.
  • Depuis le tournage et avant même la diffusion, la société a déjà levé un million d’euros grâce au réseau d’Anthony Bourbon. Et l’entreprise « Life » est née.

Lorsque nous l’avions croisé dans les chemins du cimetière de l’Est il y a un peu plus d’un an, Lilian Delaveau venait tout juste de développer son application. Sous une épaisse couverture nuageuse qui annonçait la Toussaint, l’entrepreneur rennais nous avait expliqué comment l’idée de créer RequiemCode était née.

C’était un jour de mars 2020, dans le Loiret où il a grandi. Avant que la France ne se confine​, Lilian enterrait son papi à l’occasion d’une cérémonie sobre mais sans couleurs. « Mon grand-père avait un rire exceptionnel et un tas d’anecdotes. Mais rien de tout ça ne transpirait le jour de ses obsèques ». Cet ingénieur avait alors eu l’idée de créer une solution en réalité augmentée permettant de visionner des vidéos ou des photos des défunts sur son smartphone grâce à un QR Code apposé sur leur tombe.

Lilian Delaveau a créé RequiemCode, une application de réalité augmentée pour rendre hommage aux défunts.

Pendant un peu plus d’un an, son idée est restée assez confidentielle. Jusqu’à sa participation à l’émission Qui veut être mon associé ? dont le second épisode
de la deuxième saison a été diffusé mercredi soir sur M6. Les téléspectateurs ont pu y découvrir que l’idée du souvenir digital imaginé par Lilian ne laissait pas les investisseurs impassibles. « Tu gommes le recueillement. Pour moi, chacun doit pouvoir garder un souvenir différent. Je suis en totale opposition avec le projet », tacle Jean-Pierre Nadir,
l’un des jurés de l’émission.

Au final, seul Anthony Bourbon a accepté de suivre Lilian Delaveau, lui proposant 40.000 euros en échange de 25 % du capital de sa société. Non sans créer un joli clash dans l’émission après avoir évoqué « l’ethnocentrisme » des autres jurés, les faisant passer pour des « ringards de l’ancien monde ». « Tu frôles l’indécence », lui répond Jean-Pierre Nadir, visiblement vexé.

Du haut de ses 27 ans, Lilian Delaveau n’a pas assisté à cette joute verbale entre jurés mais il a réussi son coup : faire parler de son projet et obtenir un financement. « La réaction des jurés de l’émission confirme qu’il y a encore beaucoup de tabous et de gêne autour de la mort. Certains m’accusent de vouloir défigurer les cimetières. Ce n’est absolument pas le cas », rappelle l’entrepreneur rennais. Dès le tournage de l’émission en avril, le jeune entrepreneur avait noué un solide partenariat avec Anthony Bourbon. Fondateur de Feed, une entreprise spécialisée dans les substituts de repas, l’homme d’affaires de 32 ans parti de rien avait accepté d’injecter 40.000 euros dans la société de Lilian, comme le montrent les images diffusées mercredi. Hors caméras, il a fait beaucoup plus que ça, propulsant la société dans une nouvelle dimension.

« Devenir le Airbnb des obsèques »

Avant même la diffusion de l’émission, le projet baptisé « RequiemCode » a été renommé « Life Memory » et son entreprise devenue « Life » a séduit plusieurs business angels parisiens contactés par Anthony Bourbon. « Nous avons clôturé une levée de fonds d’un million d’euros en décembre en ouvrant notre capital à hauteur de 10 %. L’arrivée d’Anthony a donné une envergure au projet que je n’avais pas imaginée. C’est un accélérateur foudroyant », reconnaît Lilian Delaveau.

Dans le business plan, la réalité augmentée ne sera qu’un simple outil. Sur les conseils de son mentor, le Rennais a développé une solution globale de préparation des funérailles. « Notre objectif, c’est de devenir le Airbnb des obsèques. « Life » sera une plateforme de mise en relation avec les pompes funèbres. Dans le milieu, certaines ont quinze ans de retard mais beaucoup d’agences travaillent très bien. Ce sont elles que nous voulons promouvoir », explique le jeune entrepreneur, désormais à la tête d’un business de la mort. « Je vais t’aider à affronter toutes les moqueries, les avis différents. La mort, c’est comme le sexe, c’est un sujet clivant. Ça va être dur à démocratiser et il y a énormément de risques mais on va le faire », promettait Anthony Bourbon dans l’émission. Il a tenu parole.

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