The Queen (Arte) Comment Helen Mirren s'est-elle préparé pour incarner Élisabeth II ?

En 2006, Stephen Frears confie à l’actrice le rôle d’Élisabeth II confrontée à la disparition de Lady Diana. L’actrice anglaise est remarquable. Secrets d’une métamorphose royale…

À la découverte d’une reine

Le Britannique Stephen Frears, metteur en scène exigeant, n’a pas choisi Helen Mirren par hasard : grande actrice de théâtre passée par la Royal Shakespeare Company, l’artiste porte en elle le charisme indispensable pour jouer la Queen. “Mais avant de tourner, tu dois t’imprégner d’elle, entrer dans sa tête, l’explorer comme un pays”, lui explique le réalisateur. Aidée de l’historien et écrivain Robert Lacey et de la biographe Ingrid Seward, deux éminents spécialistes des Windsor, la comédienne va disséquer dans les moindres détails la vie intime d’Élisabeth II. Et elle découvrira une femme étonnante, drôle, qui cultive des jardins secrets méconnus. Telle sa passion pour la mécanique automobile, que la reine a apprise pendant la Seconde Guerre mondiale. “Et dire qu’Élisabeth II savait démonter un moteur de camion militaire !, s’étonne Helen Mirren. C’est cet aspect caché de sa personnalité, loin de son image protocolaire figée et froide, que j’ai voulu restituer dans mon interprétation.

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Une gestuelle très codée

Pour mieux capter les tics de la reine, l’actrice va visionner des centaines d’heures de documentaires. À force d’observation, elle remarque les légers coups de menton lorsque la reine est de mauvaise humeur, cette façon bien à elle de serrer son sac à main, et sa manière très stylée de tenir ses corgis en laisse. Elle constate aussi que la souveraine marche d’une manière unique : “Élisabeth a une démarche assez masculine. Elle avance en regardant droit devant elle, laissant tout le monde derrière. Cela reflète la psychologie d’une femme qui a dû s’imposer très jeune dans un monde d’hommes.”

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Parler comme la reine

Suivant l’une des devises de la famille royale : « Never complain, never explain » (« Jamais de plaintes, jamais d’explications »), Élisabeth II n’élève pas la voix. Elle s’exprime avec un ton posé, courtois, et mange parfois ses mots à la fin de ses phrases. Et, pour rien au monde, elle ne laisse transparaître la moindre émotion. Helen Mirren a travaillé avec Penny Dyer, coach vocal. “Le plus dur à tourner fut sa rencontre avec Tony Blair, joué à la perfection par Michael Sheen. Elle est prodigieusement agacée par cet insolent qui cherche à la déstabiliser, mais elle reste pourtant d’une politesse exquise”, s’amuse l’actrice.

Fascinée par son modèle

Au terme des trois mois de tournage en Écosse, Helen Mirren est séduite par son modèle, qu’elle rend plus humaine. Aidée de la costumière Consolata Boyle, elle campe une reine accessible, débarrassée du protocole, qui lit les tabloïds en peignoir dans son lit, bigoudis sur la tête. Exit les robes d’apparat et les tenues colorées, sa Queen se promène en ciré dans son parc de Balmoral. Et capable d’émotion, elle ravale ses larmes aux obsèques de Lady Diana. Pour cette prestation émouvante et juste, Helen Mirren reçoit, en 2006, la Coupe Volpi de la Meilleure interprétation féminine, à la Mostra de Venise…

The Queen : dimanche 25 octobre à 20h55 sur Arte

J.-B. Drouet

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