Un amour « A cœur battant » par écrans interposés

  • Elle est installée à Paris avec leur fils, lui se trouve à Tel Aviv.
  • Ils ne communiquent plus que par écrans interposés.
  • « A cœur battant » fait partager le naufrage d’un couple mis à mal par la séparation.

Leur amour ne fait aucun doute. Julie (Judith Chemla) et Yuval (
Arieh Worthalter) s’aiment tout autant qu’ils adorent leur fils. Mais leur couple est séparé dans A cœur battant de
Keren Ben Rafael. Elle vit à Paris avec leur enfant. Lui est coincé à Tel Aviv. Ce qui les oblige à vivre leur tendresse par écrans interposés.

La réalisatrice de Vierges (2018) s’est inspirée d’une période de sa vie au cours de laquelle son compagnon était absent pour livrer cette analyse des rapports d’un couple mis à mal par l’éloignement. Skype devient le personnage essentiel d’une relation qui se délite progressivement. « Avec la technologie moderne, on a l’impression que l’autre nous appartient : son temps, sa vie, etc. Or, l’amour se préserve aussi grâce au mystère », explique la scénariste Elise Benroubi dans le dossier de presse.

A chacun sa conception

Chacun des héros considère les choses de façon différente. L’homme peut arrêter de donner des nouvelles pendant plusieurs jours au risque de faire craindre à sa compagne qu’il a été victime d’un attentat. La femme ne supporte pas ses conseils incessants sur l’éducation de leur enfant, ni sa jalousie. Ce qui serait peut-être vite réglé s’ils étaient mis en présence tourne au vinaigre quand le couple ne peut plus se toucher allant jusqu’à vivre sa sexualité à distance. « On s’est fixé comme contrainte de restituer toute l’histoire exclusivement via le prisme de Skype, sans autre point de vue extérieur, précise la réalisatrice Keren Ben Rafael. Skype devenait ainsi le langage du film. » Ce parti pris de film dans le film rend l’ensemble très oppressant.

View this post on Instagram

#acoeurbattant le 30 septembre au cinéma

A post shared by arts culture evasions. fr (@evasions.artsculture) on

Skype ce héros

Comment rendre Skype cinématographique sans perdre la spécificité de ce moyen de communication ? En déséquilibrant son usage entre Julie et Yuval. Elle ne se connecte que de son ordinateur, dans l’espace réduit de son appartement parisien, alors qu’il s’exprime sur son téléphone et se déplace constamment. « On souhaitait jouer avec la poésie qu’offre un plan vide ou décadré, une image sous exposée laissant paraître les ciels nuageux ou l’envol d’un oiseau », raconte la réalisatrice.

La précision de sa mise en scène comme les performances impeccables des acteurs font d’A cœur battant une réussite ancrée dans notre temps.

Source: Lire L’Article Complet